Le Bridge Whist

Traduit et adapté de l'anglais par Bertrand Karnet, 2018

Le Bridge est un jeu dont l'histoire est plutôt méconnue. Aujourd'hui, c'est un des jeux les plus célèbres de la planète. Avant d'arriver à sa forme actuelle, le Bridge à enchères, le jeu de cartes a porté de nombreux noms et de nombreuses versions. Cette histoire passionnante du jeu permet de remonter le temps. Le bridge a connu de nombreuses  versions dont le Bridge Whist qui est le sujet de cet article. Nous baserons cette étude sur un livre de John Collinson qui reste à l'heure actuelle l'ouvrage le plus ancien qui parle du Bridge Whist. Le livre est très rare. Il reste uniquement trois exemplaires dans le monde et ils se trouvent à odleian Library de l'Université d'Oxford, un autre à la Cambridge University Library et encore un autre au Public Record Office, à Londres. Un quatrième ouvrage existait, mais il a été détruit par les attaques allemandes de la seconde guerre mondiale.

Dans ce livre, l'auteur, John Collinson, explique qu'il a découvert ce jeu de cartes à Constantinople qui était une colonie russe à l’époque. C'est donc pour cela qu'il nomme le Bridge Whist aussi Russian Whist. Dans une lettre à The Saturday Review datée du 28 mai 1906, Collinson écrivait: "Entre 1880 et 1880, j'ai passé beaucoup de temps à Constantinople et en Asie Mineure, où je jouais ce que l'on appelait alors "Bridge ou Russian Whist". Thierry Depaulis et Jac Fuchs dans le volume 32 du 2 septembre-octobre 2003, pages 67-76 évoque dans un article intitulé «Premiers pas de Bridge in West : le Bridge de Collinson » raconte la vie de John Collinson. Cet ingénieur est allé en Turquie pour la planification et la construction des chemins de fer Mersina, Tarsus et Adana. C'est en revenant dans le Royaume de sa Majesté et plus précisément à Cromwell Road, qu'il fait découvrir le jeu à ses amis. C'est ainsi que le Bridge Whist a conquis l'Europe avant d’évoluer au fil du temps pour devenir le « Bridge »

Les Règles du Bridge Whist ou Whist Russe 

Les bases du Whist :

Le jeu du Bridge Whist se joue avec un jeu classique de 52 cartes.

L'ordre des cartes en croissant : 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 7- 8 – 9 – 10 – V -D-R- AS

Pour jouer au Whist, il faut être 4 joueurs. Deux équipes de 2 s'affrontent en étant croisées.

Le bridge Whist s 'étant développé en Angleterre, les joueurs français vont devoir aller contre les habitudes en distribuant les cartes dans le sens contraire, c'est à dire le sens horaire.

La distribution des cartes au Bridge Whist :

Le dealer ou donneur doit distribuer 13 cartes par joueur. Il doit le faire en distribuant les cartes une par une. La dernière carte du dealer, la 13 eme, doit être retournée aux yeux de tous. Cette carte indique la couleur de l'atout pour la main. Le premier joueur qui doit lancer les hostilités est le joueur à gauche du donneur. C'est ensuite au tour de celui qui aura gagné la dernière main.

Les principes du Bridge Whist :

Le principe est de fournir la couleur demandée. Si le joueur n'a pas cette couleur, il n'est pas obligé de couper à l'atout. Le jeu de la carte est simple, consistant à fournir obligatoirement de la couleur demandée, et dans le cas où un joueur n'en a pas en main, il peut jouer la carte qu'il veut sans être obligé de couper. On n'est jamais obligé de monter en jouant une carte plus forte en quelque couleur que ce soit, y compris en atout. C'est le joueur ayant joué la carte la plus forte que ce soit à l'atout ou sans atout qui remporte la main. Pour les plis remportés, il est très important de les conserver dans l'ordre puisque nous verrons plus tard que les six premiers plis ne comptent pas.

Compter les points au Bridge Whist

  • La robre est une partie de whist de deux manches de 10 points. Si personne ne gagne la robre, il faut jouer la belle, c'est à dire une revanche en 10 points pour départager les deux équipes.
  • Les levées, c’est à dire les mains gagnées, ne comptent qu'à partir de la septième levée. Les six premièrs plis ne rapportent pas de points. Une équipe doit gagner au moins 6 mains avant de faire des points. Chaque levée, après le sixième pli, rapporte un point. Le nombre de points maximum est donc de 7 points puisque il y a 13 plis dans une levée. Si une équipe parvient à faire les 13 levées, on dit qu'elle a fait le « chelem »
  • Les honneurs sont les 4 atouts habillés : As – Roi - Dame – Valet. Une équipe qui a joué 3 honneurs gagne trois points et celle qui a joué les 4 aura 4 points supplémentaires.

Les points au Whist Bridge

Les particularités :

Les honneurs : les points gagnés par les honneurs et les levées peuvent dépasser les 10 points. En cas d’égalité, c'est l’équipe qui a compté le plus de levées qui remporte la partie.

La priorité des points de levée connaît une exception :

  • Si une équipe en début de main a déjà huit points et qu'un joueur de cette équipe à trois honneurs, il peut mettre fin et gagner la partie directement sans jouer la main.

  • Si dans la même configuration, huit points, un joueur a deux honneurs, il peut « chanter » ou « appeler » pour savoir si son partenaire à lui-même un honneur. Si c'est le cas, ils doivent les montrer. Ils gagneront ainsi la partie.

Les gains au Whist Bridge 

Les joueurs qui gagnent le robre gagne 2 points. Cette règle est à préciser avant le début du jeu. A la fin des deux parties de 10 points, le robre, il faut comptabiliser les points des deux manches plus ceux du robre. L'équipe qui a le plus de points remporte la partie.A l’époque le Whist Bridge se jouait avec de l'argent. Chaque point valait x Livres et à c'est à fin de la partie que les joueurs perdant payaient la différence de points entre les deux équipes.

Pour conclure, on peut noter que le Whist apparaît très souvent dans la littérature du XIX, que ce soit dans l’œuvre d’Edgar Poe, de celle de Jules Vernes et même de David Hume.

Bibliographie 

  • « le Bridge Whist » de John Collinson
  • Les mille histoires du bridge, GALLIMARD, 1962 - REESE (T.)

  • Le bridge pour les nuls, GENERALE FIRST, 2006- KELSEY (H.)

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